mardi 13 novembre 2018

Karl Marx, le retour ?


 Introduction au débat du café philo de Lourmarin

  

Karl Marx est né à Trèves, en Allemagne, il y a deux siècles. Sa pensée a influencé une grande partie de la fin du XIX° et du XX° siècles, notamment à travers sa reconnaissance comme idéologie officielle, d’abord du mouvement ouvrier, puis des pays se réclamant du communisme. Pourtant, entre sa pensée, complexe et multiforme, allant de la philosophie hégélienne à l’économie politique en passant par l’histoire et les sciences de la nature, ne pouvait être figée en un « marxisme » dans lequel lui-même, la fin de sa vie ne se reconnaissait pas.

Avec la disparition de l’URSS, la perte d’influence des partis socialistes et communistes dont beaucoup ont abandonné la référence officielle au marxisme-léninisme, la pensée de Marx semblait être vouée à la disparition prochaine sous l’effet de « la critique rongeuse des souris ».
La crise de 2008 lui a redonné un regain d’actualité, comme en témoigne de nombreux ouvrages, la sortie d’un film sur sa jeunesse, et même, une note de Patrick Artus, l’économiste en chef de Natixis.
Que reste-t-il donc de la pensée de Karl Marx aujourd’hui ? En quoi peut-elle nous aider à comprendre le monde dans lequel nous vivons ?
Si plusieurs concepts ont partiellement perdu de leur pertinence (la dictature du prolétariat, la paupérisation de la classe ouvrière, la baisse tendancielle du taux de profit…), quatre orientations théoriques retrouvent un intérêt avec l’évolution actuelle du capitalisme.

Ainsi, en introduction au débat, nous proposons de revenir sur :

ü  La dynamique du capitalisme et le retour des crises périodiques. Le phénomène des crises que l’on croyait disparu depuis la fin de la 2éme guerre mondiale a ressurgi, notamment avec celle de 2008, et s’est internationalisé. Elles s’inscrivent dans un mécanisme d’accumulation du capital, décrit par Marx, et qui conduit à une place croissante du capital financier.

ü  Le fétichisme de la marchandise. Dès son époque, Marx, à travers l’analyse de la valeur, montre comment le mode de production capitaliste fait du produit du travail des hommes un objet investi de caractéristiques propres, une sorte de fétiche.

ü  L’aliénation du travail. Si les conditions de travail se sont beaucoup modifiées, du moins dans les pays occidentaux, l’évolution actuelle des revenus et des patrimoines s’inscrit dans la tendance déjà énoncée par Marx d’une polarisation entre détenteurs de moyen de production et salariés

ü  La crise écologique. Le terme d’écologie n’était certes pas encore utilisé à l’époque de Marx, mais celui-ci a toujours porté attention au rapport entre l’homme et la nature, d’abord à travers l’analyse de la rente foncière, ensuite et de manière plus générale celle des dégâts entraînés par l’accumulation sans frein du capital et la recherche illimité du profit.