Introduction au débat du café philo de Lourmarin
Karl Marx est
né à Trèves, en Allemagne, il y a deux siècles. Sa pensée a influencé une
grande partie de la fin du XIX° et du XX° siècles, notamment à travers sa
reconnaissance comme idéologie officielle, d’abord du mouvement ouvrier, puis
des pays se réclamant du communisme. Pourtant, entre sa pensée, complexe et
multiforme, allant de la philosophie hégélienne à l’économie politique en
passant par l’histoire et les sciences de la nature, ne pouvait être figée en
un « marxisme » dans lequel lui-même, la fin de sa vie ne se
reconnaissait pas.
Avec la
disparition de l’URSS, la perte d’influence des partis socialistes et
communistes dont beaucoup ont abandonné la référence officielle au
marxisme-léninisme, la pensée de Marx semblait être vouée à la disparition
prochaine sous l’effet de « la critique rongeuse des souris ».
La crise de
2008 lui a redonné un regain d’actualité, comme en témoigne de nombreux
ouvrages, la sortie d’un film sur sa jeunesse, et même, une note de Patrick
Artus, l’économiste en chef de Natixis.
Que
reste-t-il donc de la pensée de Karl Marx aujourd’hui ? En quoi peut-elle
nous aider à comprendre le monde dans lequel nous vivons ?
Si plusieurs
concepts ont partiellement perdu de leur pertinence (la dictature du
prolétariat, la paupérisation de la classe ouvrière, la baisse tendancielle du
taux de profit…), quatre orientations théoriques retrouvent un intérêt avec
l’évolution actuelle du capitalisme.
Ainsi, en
introduction au débat, nous proposons de revenir sur :
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La
dynamique du capitalisme et le retour des crises périodiques. Le phénomène des
crises que l’on croyait disparu depuis la fin de la 2éme guerre mondiale a
ressurgi, notamment avec celle de 2008, et s’est internationalisé. Elles
s’inscrivent dans un mécanisme d’accumulation du capital, décrit par Marx, et
qui conduit à une place croissante du capital financier.
ü
Le
fétichisme de la marchandise. Dès son époque, Marx, à travers l’analyse de la
valeur, montre comment le mode de production capitaliste fait du produit du
travail des hommes un objet investi de caractéristiques propres, une sorte de
fétiche.
ü
L’aliénation
du travail. Si les conditions de travail se sont beaucoup modifiées, du moins
dans les pays occidentaux, l’évolution actuelle des revenus et des patrimoines
s’inscrit dans la tendance déjà énoncée par Marx d’une polarisation entre
détenteurs de moyen de production et salariés
ü
La
crise écologique. Le terme d’écologie n’était certes pas encore utilisé à
l’époque de Marx, mais celui-ci a toujours porté attention au rapport entre
l’homme et la nature, d’abord à travers l’analyse de la rente foncière, ensuite
et de manière plus générale celle des dégâts entraînés par l’accumulation sans
frein du capital et la recherche illimité du profit.